En Couleur ou Noir et Blanc

Au delà du bout de papier ou du tas de bits numériques, une photo c'est aussi un instant pris sur le vif à jamais graver dans notre mémoire... Un blog pour essayer de dire tout ce qui me passe derrière les sinus et un peu partout dans le corps...


28/03/06
20:12

Des mains et des gouttes

pluieIl est seulement neuf heures et demi et j'ai déjà quitter les conversations dans la salle de cours. Cela fait une demi-heure que la prof (essaye de) parle(r) anglais, avec un accent horrible. Je n'ai pas l'habitude de me moquer des accents anglais, mais là, non stop.  Sans être méchant, elle n'est plus toute jeune (voyez ici, l'effort de ne vexer personne, pour dire qu'elle est vieille... mais pas trop). Elle est comme toutes ces vieilles profs, vous avez, gentilles et attachantes, alors forcément je ne de dis rien. Nous sommes en TP, nous "devons" parler... "Trustworthy"... "treustworzy" me reprend-elle, "ouais c'est ça, si tu veux..." "Sociable... quarrelsome... treacherous..." ... je me suis loupé sur le dernier, personne ne remarque, tout le monde s'en fout. Je suis [enfin] tranquille pour 10 minutes.

Il pleut dehors. Hier le temps, lui aussi, faisait semblant d'être heureux. Juste retour des choses. Je n'avais jamais remarqué que parfois le bruit des gouttes d'eau sur le rebord de la fenêtre pouvait, d'une certaine manière, me rassurer. Je me sens bien lorsque je les entends, et je sais que cela ne serait pas pareil si la pluie n'était pas là. Le clapotement est assez rapide et très irréguliers.  Voilà, c'est ça c'est cette irrégularité qui est agréable. Lorsqu'une goutte tombe, on a cette douce inquiètude de savoir quand - et si - une autre tombera. Le temps entre les gouttes est infimes mais il est suffisants pour faire naitre ce stress salvateur...

Retour un instant en classe, toujours rien de nouveau. J'aimerais savoir ce que chacun pense. Impossible de lever les yeux, elle m'interrogerais. Alors je regarde les mains des gens. Il y a un chinois au bout de la table, la tête dans ses mains signifie surement qu'il est attéré par l'impossibilité de comprendre la vieille blonde. Je me sens proche de lui. Merde ! J'ai levé la tête. Elle m'interroge mais un type me sauve la vie en me coupant la parole, il dit que John est une pute... ah non... qu'il est à la plage, en fait. Tout le monde rigole. Vachement original, ce coup-là... Vachement bizarre, ce type-là...  Ses mains à lui, s'amusent à glisser l'ance de son stylo dans les anneaux du classeur.

Elle revient à la charge avec une question sur "my hobbiz", je réponds 2-3 trucs bidons. J'ai presque honte de mon manque d'originalité. Je continus mon tour de paires de mains. Fascinant, cette heure d'anglais, à écouter des gouttes tomber et regarder des mains s'amuser. Des mains et des gouttes...

Cela me rappelle une photo en noir et blanc, que je ne retrouverai surement pas. Une plongé (sans courbure pour les intimes) sur une petite fille en imperméable écossais avec un chapeau imperméable également. Au premier plan, une goutte de pluis,  flouté par le mouvement. La petite fille tend les mains en avant pour accueillir cette goutte, à côté de celles qui sont déjà dans sa paume.

Et là dans cette salle de cours, je ne sais pas vraiment si je préfererais être cette petite fille ou bien, la petite goutte d'eau. La goutte a cette sensation de liberté certes, mais est attachée à ce destin trop réaliste pour moi. Une chute perpetuelle. La petite a l'occasion de la sauver. Elle a surement le beau rôle, mais est-cela que je veux ? le beau rôle ? Pas sur...

Sauver ou être sauver ? Je ne poursuivrai pas dans ce facile shakespearisme, mais c'est tout de même difficile à choisir. Il y a des gens qui se sauvent en sauvant et des personnes qui se perdent eux-même en étant sauver par d'autres.

Je préfère donc choisir ma place ailleurs, si vraiment on peut choisir sa place. Ailleurs, peut-être en observateur discret mais présent tout de même, peut-être en ce photographe, ou encore plus loin.

Quelqu'un dit "It's time to go !" Il a un sourire de fierté car il a su aligner 5 mots et il a l'impression d'être arrogant en pressant "gentillement" la prof de terminer. Elle aussi sourit par ce semblant de relation qu'elle a avec ses élèves. Tout le monde range leur affaires. Les gouttes ne tombent plus...

27/03/06
17:42

Le brin d'air et le mal de ventre...

09_soleil_froid

Le printemps semble être là, enfin ou déjà, selon l'état d'esprit... C'est ce matin que je l'ai sentis, je referme ma porte d'entrée, quelque chose dans l'air a changé. Je ne sais pas encore ce que c'est.  Je me retourne et commence à descendre la rue. Soudain je le sens, ce brun d'air, sec voir même chaud. Ce n'est pas le soleil qui nous réchauffe, c'est véritablement l'air qui passe dans les manches de ma veste. C'est si doux et agréable, presque l'été, un air presque amical.

Je sais déjà que j'ouvrirai la fenêtre de ma voiture. Le bon temps semble retrouvé... oui je crois qu'une sucette chupa chup's traine au fond de mon sac. Je vais peut-être mettre à nouveau la musique très forte et enfiler mes lunettes de soleil. Toutes idées me traversent l'esprit... Mais au quasi même instant quelque chose vient foutre en l'air le bonheur que je m'imagine.

Je me rends compte que je n'en ai pas envie. Oui la sucette restera au fond du sac, remarquez je viens de déjeuner, normal que je n'en ai pas forcément envie, et puis j'ai oublié mes lunettes de soleil. Malgré cela, j'aurais pu espérer tout de même un seul petit sourire. Mais le bien être que je m'étais promis (ok... imaginé seulement) ne viendra pas. Il y a peu, un seul rayon de soleil pouvait me transporter. Là, non.

Comme un mal de ventre me gagne, il est une évidence que je ne peux nier, il me manque quelqu'un, c'est sur ce n'est pas cette pétasse, cette morue, cette charogne qui ne répond(ait) pas. Non, elle, elle vit sa vie égoïste, mais tranquille je suppose, loin de moi. Non je pense à cette instant à l'autre. Celle avec qui je n'ai pas connu l'été, celle là oui. Pas forcément nostalgique de notre histoire et ce n'est pas non plus vraiment elle qui me manque. Non.

C'est la solitude qui regagne du terrain. Ce qui est inquiètant c'est que même ce petit brin d'air qui a l'air si serein lorsqu'il se faufile entre mes doigts, même ce brin d'air donc ne me réjouit plus.

En somme, encore un jour à faire semblant...

18/03/06
00:18

Un paradis pour 2... ou 3 milliards de rêveurs - Chapitre 5

banc1Le soleil se couche sur le paradis. Les réverbères commencent à s'allumer peu à peu. Les mamans couchent les enfants et les poules. Une bise sur le front, une caresse sur le bec. Alors que les poules ferment les paupières qu'elles n'ont pas, les enfants, eux, ferment aussi les yeux mais les rouvrent quelques instants plus tard, une fois que la mère a refermé la porte de leur chambre. Ils n'allument pas la lumière, pas besoin, le spectacle se trouve à l'extérieur. Ils aimeraient y participer, oui, mais pour l'instant ils se contentent de le voir par la fenêtre. Alors comme un rituel, on les voit se diriger vers la vitre. De l'extèrieur,on les voit également l'un après l'autre apparaitre aux façades des maisons. mais chut...! Les lumières à l'extérieur commencent à s'allumer, signe que le spectacle va commencer...

 

Laissez-moi vous guider et vous immerger dans cette nuit douce et appétissante. On entend le monde vibrer de plus en plus. La place se remplit. Il y a des éclats de rires mais tout est plus ou moins calme malgré cela. Tout le monde connait son rôle par coeur. Et d'un seul coup ! Un bruit de projecteur qui s'allume, le silence, un homme apparaît en haut d'un échafaudage monté pour l'occasion. Il dit : "Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Bienvenus ! Que cette fête soit vôtre, amusez-vous autant quebanc_oliv4 vous pouvez, profitez du paradis, et surtout, je vous en supplis, surtout, n'oubliez pas d'aimer !" A peine, eut-il fini son texte, que les lumières s'éteignent, tout le monde applaudit et crie. On ne s'entend plus. Un air de Tiersen se met en route, dans le noir, l'introduction de la musique est douce comme toute les musiques de Tiersen, d'ailleurs. Rodolphe pourrait chanter dessus. Mais il ne le fera pas. Alors la musique commence à s'emporter. On croit reconnaître "la noyée"  mais tous les titres de Tiersen s'enchaîne alors merveilleusement. Au même moment, à droite le manège se met en route avec des couleurs rouge, violette et rose. Il y a du jaune aussi. Tout le monde est éblouis, pas seulement parce que la lumière s'est allumée brutalement dans le noir mais aussi car ce manège est beau, voir même magnifique. Et les chevaux de bois montent et descendent au même rythme que la musique. Tout le monde est impressionné... et ce n'est pas fini. A gauche de nous, une scène de théatre s'éclaire. Des lumière jaune et des rideaux rouges. On joue Roméo et Juliette. Les acteurs n'ont jamais été aussi bons. Et la voix du héros principal résonne dans toute la place. Les spectateurs applaudissent à chaque jolie phrase prononcée. L'amour, aussi bête que cela puisse paraitre, commence à nous entourer. Les danseurs de la journée continuent encore de danser sur   la musique et avec les lumières. Il y a des mimes, des cracheurs de feu, des magiciens, et c'est dans ce cirque géant et en plein air que vous me suivez. Vous vous arrêtez en chemin pour contempler un singe savant, ou une démonstration de french can-can. Puis tentez de me rejoindre au milieu de la foule de plus en plsu dense. Tout s'amplifie et nous arrivons devant la scène centrale, personne ne sait encore le spectacle qui va se jouer ce soir. Quelque chose comme "spectaculaire spectaculaire" surement. Et comme tout le monde s'y attend, "Your song" démarre. Les lumières avec...

 

banc2Du rouge, du vert, du jaune, encore du rouge, du blanc, du rose et même du violet. Enfin un peu de bleu pour n'oublier personne, la scène se parre de beauté coloriée avant d'accueillir les artistes. Enfin un homme s'avance. Il déclame un poême qui ressemble plus à cet instant à une chanson à cause de la musique qui passe derrière, très forte mais si douce pourtant à nos oreilles. Puis une troupe de danseurs réalise la chorégraphie parfaite. Ils ont des costumes juste au corps blanc. La lumière se reflète sur eux. A chaque salto, les gens applaudissent, on pousse des "oooh !" et des "aaah !". Puis tout dégènère ! Mais dans le bon sens du terme ! Tout part dans les plus beaux délires imaginables, Un trapèziste dont le trapèze est accroché sur la plus éloigné des étoiles traverse le ciel. Puis des oiseaux de toutes les couleurs s'envolent. Tout le monde regarde vers le ciel. A ce moment, des mieux choisis, on décide de perdre le spectateur, en allumant une monumentale fontaine éclairée tout aussi royalement que les spectacles précédemment. Les gens tournent la tête en même temps vers le somptueux bassin. Et la musique continue à enivrer les gens présents à la fête. Et les organisateurs s'amusent encore et encore avec nous. On ne sait plus si un jour cela s'arretera. Des spectacles d'une minute ou de quelques heures s'allument de partout.

 

Le jeu des couleurs impressionne mes yeux qui y sont pourtant habitués à force de vivre dans mes rêves. Dans un autre coin, Un homme parle d'amour. Il n'utilise que de jolies phrases. Empruntées ou inventées peu importe. L'amour est beau au paradis et pourtant pas si différent de celui que l'on connait sur terre. Il y a toujours, je l'avoue, des pleurs, des moments où l'on ne sait pas quoi faire avec l'être que l'on aime. Et même si l'on a l'impression le plus souvent qu'il faudrait supprimer cette aspect de l'amour, on se rend compte au final que non, que c'est une chose importante aux sentiments. Il y a donc ces amoureuses incertaines et ces amoureux transis qui attendent le grand amour. Il y a aussi les histoires d'un soir. Un soir peut-être, mais un énorme soir. On peut aimer, oui, en un soir et se quitter le lendemain, sans sentiments. Il y a encore celles qui tombent amoureuses sur un coup de tête, sans vraiment savoir pourquoi, et qui se laissent guider par ces histoires aussi belles puissent-elle être imaginées. Et puis enfin il y a ceux qui aiment mais qui ne font rien, parce qu'il ne savent pas ce que l'autre ressent à l'instant précis, où ils sont en face d'eux. Ils pourraient la combler, c'est sur, mais ils ont peur, c'est leur choix, ils vivent des histoires d'autant plus sublimées qu'elle est platoniques. Ils attendent leur heure, un peu tristes mais pleins d'espoir.

 

Et là au milieu de cette foule qui aiment, de cette exacerbation de sentiments, de dons et doux sentiments, je me dis que j'ai denuages la chance. De la chance de vivre là d'une part, mais aussi de t'aimer. Toi, la fille dont je rêve la nuit, qui existe, peut-être, ou peut-être pas. Tu es la plus belle, il me semble, car on ne peut jamais être sûr de ces choses là. Tu es là devant moi. Je crois que tu m'as fait souffrir et c'est pour cela que je ne te vois pas autre part que dans mes pensées et mes rêves. Nous vivons une histoire passionnée, à en faire pâlir tous les autres que tu as connus et toutes les autres que j'ai connues. Cela te fait rire de voir les yeux jaloux autour de toi, y compris les miens, lorsque je t'apperçois à danser avec cet élève de l'école militaire de Russie à l'époque du Tsar. Tu me souris. Je te souris en réponse. Et au fil des mouvements de la valse, nous croisons nos regards, je reste en retrait. Puis à un moment, je te retire des bras de ton cavalier un peu vêxé tout de même, je dis : "permettez ?" Je n'attends pas de réponse. Et t'emmène par la main dans un endroit plus calme, juste pour nous deux. Là, la musique se coupent. Pas tout à fait, un leger air de violon se fait entendre. Nous sommes revenus sur du Tiersen. Je te regarde dans les yeux, tu voudrais éviter ce regard, mais tu n'oses pas me quitter. Je crois que tout se lis sur mon visage. Mais tu attends juste que je le dise moi-même. Cela vient doucement, tu me laisses le temps. Tes grands yeux, attentifs, brillant, me font au coeur et me poussent à trouver quelque chose à dire vite. Je bredouille un : "Tu as les cheveux... beaux... et... tu as les fesses blanches..." Là tu souris de me voir aussi ridicule. Tu penches un peu la tête sur la gauche attendant d'autres phrases, peut être pas des belles phrases, non. Je crois même que tu voudrais que je t'en dise une autre dans le même style que celle-là. Alors je cherche et je commence à prendre confiance. "Mais des fesses blanches c'est jolies aussi. aussi jolie que ton sourire par exemple, c'est sur avoir un sourire aussi beau qu'une peau de fesses, c'est pas très joyeux, mais tu me souris et regarde-moi, mes yeux qui ne savent plus mentir, ma bouche qui n'ose plus rien dire, et mes mains qui n'en finissent pas de languir. De languir que tu les prennes et que tu m'emmènes, loin, juste parce que tu en as envie. Parce que même si trop longtemps tu as su le deviner, aujourd'hui à moi de montrer de quoi je suis capable pour que tu me souris."

 

banc23Je suis un peu honteux de t'avouer tout ça, comme ça. Je ne te laisse pas le temps de réagir, je sais que tu es touchée mais que tu n'oses rien dire car tu trouves ça de trop. Tu trouves surement tout ceci bizarre, et tu es un peu mal à l'aise. Alors avant que tu ne veuilles t'en aller, je te prends par la main, tu as compris que je veux t'éviter la torture d'une réponse alors tu souris, enfin. Et là, la musique reprends. A nouveau du Tiersen. Les gens qui s'étaient arrêtés un instant de parler, recommencent à danser et à rire. Je t'entraine alors à travers la foule. Tous les visages heureux des autres personnes défilent. Je me retourne, tu souris, tu rigoles. Nous filons. Nous tournons au coin de la boucherie chevaline, d'ailleurs il manque une oreille à l'enseigne, puis nous passons devant le marchand de bonbons où tu voles une chupa chups. Le vendeur de fruits n'a pas le temps d'intervenir, que je viens de prendre une pomme. Celle-ci est un peu triste de quitter ses autres amies pommes. Alors je lui raconte une histoire pour la consoler. Après avoir fini nos victuailles, nous descendons la pente d'un nuage. Tu glisses, je te rattrape de justesse, te serre contre moi. Je reste quelques instants, noyé dans ton regard, jusqu'à manquer d'air. Puis sortant la tête du rêve, nous nous mettons à danser la valse d'Amélie ou d'une autre. Nous rions à gorge déployée. Les têtes souriantes défilent encore plus vite. Je suis sensé conduire, mais je n'ose pas te dire que je ne contrôle plus rien. Peut-être avons-nous déjà quitté le sol ? Je crois pouvoir toucher une ou deux étoiles à 5 branches. Tu sais, ces étoiles en plastique et luminescentes. J'en décroche quelques unes en plus. Je n'ai même pas remarqué, nous sommes arrivés à mon banc.

 

Là te tendant une étoile de la main, je te regarde. C'est dingue mais j'ai envie de te dire des choses que je trouverais ridiculep1010241 en temps normal, des mots de gamin de 16 ans qui croient aimer. Des mots qui pourrait dire que j'ai envie d'être toujours avec toi. Que je crois vraiment que nous deux, cela peut tenir. Toutes ces choses que d'habitude, j'aurais même peur de penser. J'ai envie de crier que je me sens fort et grand lorsque ta main rencontre la mienne. Que j'ai jamais été aussi heureux et tout un tas de conneries que j'avais bani de mon vocabulaire, juste pour faire le mec mature. Au fond de moi, je reste juste un gamin pleins de rêves que tu me permets de réaliser. Là je me mets debout sur le banc. C'est à moi de me sentir mal à l'aise. Alors tu me dis : "Raconte moi encore des bêtises." Merci. Je vais me gêner. Alors je te propose de rester vivre sur ce banc pour le reste de notre vie. On pourrait aménager un coin pour les gosses aussi. On pourrait, pas loin, construire une fabrique d'affiche de cinéma et on vendrait que des histoires drôles. Qu'au fur et à mesure j'oublierais surement pas mal d'anniversaires. alors pour me faire pardonner je t'offre trois fleurs qui ressemblent à des marguerites mais en couleurs. Toujours par trois, c'est essentiel. Je ferais le serment de t'appeler tous les jours d'une façon différente, même si j'aurais le droit de réutiliser les grands classiques plusieurs fois du genre: ma puce, melle, ma princesse, ma pétasse, ma salope mais aussi ma clé de douze, ma platine cd, ainsi que ma voiture rouge. Bien sur, tu me diras peut-être aussi qu'il faudrait que je range le banc conjugal un peu plus souvent. On s'engueulerait souvent. Mais chaque fois tu reviendrais." Là tu fronce les sourcils. "Bon d'accord ok... je ferai le premier pas. Mais en échange je t'en supplis, tu resteras toujours la même, tu ne changera jamais (hop 2 morceaux de phrases qui veulent dire pareil). Ce que j'aimerais c'est que tu ne sois pas comme ces connes à ne jamais savoir ce que tu veux, ce que tu ressens. Je t'aime et j'aimerais que tu en soit sur, toi aussi. Je ne supporterai plus ces manques d'assurances que j'ai trop connus avant. Je voudrais aussi éviter les longues cérémonies d'excuses où l'on ne sait au final jamais qui était en faute. Alors peut-être on deviendrait vieux et puérils. (oui puéril, je sais ce que ça veut dire. A quoi bon rester sénil?). Tu ne crois déjà plus un mot de tout ce que je raconte, tu sais déjà aussi qu'un jour on se séparera, qu'on apprendra à vivre sans l'autre, qu'on aura l'impression d'avoir perdu son temps à avoir toujours penser à l'autre. Mais tu... on s'en fiche, je crois. On vient de décider sans riend dire, de se foutre de l'avenir, de croire que tout ca c'est des conneries, de se foutre des autres. Et un jour peut-être, on regardera le monde s'écrouler dans un somptueux feu d'artifice, en se disant juste qu'il faudra repeindre le banc avant l'hiver prochain...

 

Je te tiens par la main, et tout doucement je quitte le paradis. Je redescend sur terre, la tête encore dans cette nuit folle avec des gens qu'ont du bol. Je regarde un peu autour de bois je suis encore sur un banc. Il est joli aussi. Mais ce n'est pas la même vu. Des gens normaux passent autour de moi. Plus de danseur ni de poête. Cela fait du bien de temps en temps la normalité. Je me lève, remet mon col. Une pointe de nostalgie reste dans ma tête. Et tout ces gens qui passent là, sans même me voir, que pensent-ils maintenant ? Rêvent-ils ? et s'il rêvent, à quoi donc? Euh aussi ont-ils un bancs idéaux ?

Je ne cherche pas les réponses, elles seraient fausses. Mais j'espère au fond de moi que vraiment il y a d'autres personnes qui ne vivent pas sur cette planète. Je m'amuse même à espérer que ces personnes sont là juste à côté de moi et qu'un jour le hasard nous fera dire :"Si j'avais su...".

Je me remémore ce court passage au paradis, je ne regarderai surement plus aucun banc de la même façon, j'aurais encore plus d'admiration pour ces artistes fous mais libres. Je garde précieusement cette carte postale dans ma tête, et j'y pose "Là où je suis née." De Camille.

Bonsoir Amis Poêtes, un jour aurais-je la chance de me voir confier votre talent, celui d'apporter à chacun le confort de son propre banc...

banc31

02/03/06
21:56

Un mythe s'effondre...

La nouvelle m'a sauté aux yeux alors que j'avais depuis quelques jours tous les éléments pour m'en apercevoir... Oui j'avais vu la pub à la télévision, et puis comme tous les gens [de ma génération], je voyais aussi ceci un peu comme un symbole. Mais aujourd'hui il a disparu ou du moins a été remplacé. Cela ne sera plus jamais réellement celui que l'on a connu. Alors, oui c'est vrai, nous ne pouvions plus continué comme ceci pendant des années, il fallait changer. Mais ce changement est, pour moi, comme un déchirement et je crois lorsque vous aurez vraiment compris la gravité du sujet, que vous serez tout autant choqué et si vous ne l'êtes pas c'est que vous n'avez pas de coeur. (tiens prends ça dans la gueule, Steeve, à te foutre de moi quand je te l'ai raconté).

Il me faut donc vous l'annoncer en douceur. Un peu comme le jour où l'on se rend compte que le cinéma n'est que du cinéma, ou comme l'arrêt des minikeum's à la télévision par exemple, un monde s'écroule. Et bien là, assis sur les toilettes, dont la porte donne sur la cuisine (NDLR : L'auteur se demande si ce détail était nécessaire), je l'ai vu sur la table de cuisine, trônant fièrement, remplissant si bien le rôle pour lequel il avait été crée. Cela ne m'a pas choqué sur le coup. Je le trouvais même beau, je l'avais vu à la télé alors forcément... Et là j'ai vu que quelque chose n'était pas normal... Il était rouge et on pouvait lire Vittel sur la bouteille dont il était le bouchon. Oui on peut être rouge et être bouchon. Mais l'on ne peut pas être rouge, bouchon et bouchon de vittel... ou du moins à la télé, mais pas chez moi...

Vous ne comprenez pas...? Mais... mais... MAIS ! Un bouchon de vittel... ROUGE ! Pendant 250 ans (donnée non contractuelle), il a toujours été bleu ciel. Ne dit-on pas "bleu ciel comme un bouchon de Vittel"...? Non, bon ok il n'y a que moi qu'il le dit. Mais cela fait donc de moi un vieux, un ancien, un nostalgique, un MORT ! C'est un peu comme ceux qui comptent en anciens francs, il n'y a que les vieux. (non je ne prendrai pas l'exemple des francs nouveaux, car il m'arrive de... enfin vous voyez) Et bien là, c'est pareil, il y a le monde nouveau avec les euros (et un peu les nouveaux francs) et les bouchons de vittel rouges. Mais aussi le monde des vieux avec des anciens francs... et les bouchons de vittel bleu ciel... Et je viens de tomber dedans...! Moi et les dizaines de milliers de milliards (peut-être j'en oublie quelques uns...) de bouchons à jamais formés et désormais périmés...

En plus rouge... Cela ne veut plus rien dire. Un rouge vif, tranchant. "bleu ciel comme les bouchons de vittel" étant obsolète, Que dire d'autre ? Rouge comme les bouchons de vittel ? Baaah c'est moche...

Alors, quoi ?
Bleu ciel comme... le ciel ? mes bretelles ? Francis Cabrel ?
Damned ! Impossible de trouver...
Et puis rouge ? rouge comme les nouveaux bouchons rouges ?

Non ! C'est décidé je resterai dans mon ancien monde avec des rêves bleus ciel comme les anciens bouchons de vittel, et et ce encore pour un long moment... long ? long comme... un article d'En Couleur et Noir et Blond !

28/02/06
15:45

Jamais aussi dingue et heureux...

Mais mais mais !! C'est qu'est-ce que c'est donc ?! Mais oui ! Je suis heureux, là ce 28 février 2006, 15 h 15... Je suis libre de joie, oui ivre de joie aussi. Mais surtout cette sensation de liberté inonde mes pensées, mes yeux et peut-être aussi mes rêves.

Oui j'aurais du m'en douter, j'ai refait les rêves que je faisais il y a un an et que je n'avais jamais réellement retrouvé. Alors j'ai l'impression d'être un nouveau mec tout neuf. Une sorte de Mathieu version 3.0 et c'est vraiment si agréable. Ce bonheur ne me lâche plus, je cours mais il me suit.

c'est une des rares fois où je vois les choses autrement que mal. C'est vrai, il y a quelques petites choses qui me chagrinent, mais hop ! je stop, je bloque et je sabote ! Tout ceci ne veut rien dire... mais mais mais tanpis ! Là je suis bien, tout au beau fixe et c'est.... cooool !

Musique du moment : Colore, Les innocents

moon_02a

26/02/06
22:10

10 ans

marc_josse1Il a rendez-vous aujourd'hui. Avec une demoiselle. Il est content, il se fait beau. Il sifflote un peu même mais tout ceci ne se voit pas car il est déjà en retard. Se passer la main dans les cheveux pour un semblant de coiffure, un brun de parfum, couper l'ordinateur, prendre les clés, la veste. Et puis carresser le chien aussi. Dans la voiture, il lance un cd de bénabar. Juste pour le souvenir. "Certains matins elle révisent son emploi du temps, elle imagine ce qu'elle doit faire et se dit... et puis non". Il sourit. Cela fait 10 ans qu'il ne l'a pas vu. Samedi dernier alors qu'il faisait une course en ville. Il voit une fille qui le regarde. D'abord flatté, soudain, il se rappelle. Cette brune, il la connaît. Alors il s'étonne un peu. Elle vient le voir. Elle est accompagné d'un homme, ils ont l'air ensemble. Elle a l'air content de le revoir. Lui aussi. Tout d'abord avec des echanges gênés, il font rapidement le compte des années. Et puis elle dit qu'elle est pressée. Elle lui demande de l'appeler ce soir. Il accepte et trouve le temps long avant le soir justement. Elle lui a dit 20 heures... 19h 50, cela ne se fait. Il traine jusqu'à 20h08, pour faire le mec pas pressé. Elle, par contre, est encore pressée, mais veut quand même le revoir. Alors il se sont donnés rendez-vous dans un café. Le même que celui où ils s'étaient vu pour la dernière fois.

Elle, un fantasme voir même plus qu'un fantasme. Il était amoureux fou. Elle le voyait comme un ami. Il n'a jamais réellement pu oublier ses sentiments. Ils n'ont jamais donc été réellement faits pour être ensemble, au von moment. Trop semblables et trop différents. Une de ces choses que l'on ne voit que dans les histoires tristes. Ils savaient tous les deux qu'ils s'éloignaient l'un de l'autre et un jour, une sorte de destin a voulu qu'ils ne se voient plus du tout, ils n'ont rien fait contre. l'un vexé, l'autre déçue.

10 ans. Quand il y repense au feu rouge, il a un peu l'estomac noué. Ce n'est pas de la peur, c'est cette séparation qui lui a laissé des traces. Se séparer, c'est une chose, s'en rendre compte, c'est cela qui fait mal. Mais là il va la revoir. Peut-être lui dire que c'est trop con de s'être perdu de vue comme ça. Elle lui dirait aussi que oui. Il réfléchit à tout ce qu'il a à lui raconter. Trop de choses lui viennent en tête. Finalement il la laissera commencer et poser des questions. Et en dernier recours il parlera tout seul. Parler tout seul... Il en avait l'habitude.

Quand il arrive en retard, elle l'attend devant. Elle voulait l'appeler mais, "c'est idiot !", elle n'avait plus son numéro. Ils s'installent. Il a vu sur le café. Elle est dos à la salle. Elle est toujours aussi belle, même si elle a changé de coiffure. Elle est revenue à la coupe qu'elle avait quand ils se sont connus. Il aime bien. Ils sont un peu gênés. Ca lui fait bizarre, elle aussi. Il tente un "Alors ?" Elle lui dit que "bin... je sais pas trop". Ils s'appelaient tous les jours avant et c'était déjà la même phrase. Un jour ou dix ans, c'est pareil. Il ne voulait pas parler mais il sent qu'elle est mal à l'aise, alors il parle et tente des phrases. Il n'est plus aussi sûr qu'avant. Elle a peut-être beaucoup changé comme lui. Elle vit avec l'homme qu'il a vu hier. Cela se passe bien. Il est gentil. Il voudrait un enfant mais elle n'est pas sure. Tiens... non, elle n'a pas changé. Elle attend toujours quelquechose de plus dans son couple... Mais bon "cela se fera sûrement"... "Et toi ?" Lui, il lui raconte qu'il fréquente des filles mais rien de sérieux. Qu'il avait revu une ex qu'elle connaissait, il y a à peu près 8 ans, et qu'ils avaient tenu 3 ans. Ils ont du à nouveau se séparer, parce que ça n'allait plus du tout. Il voyait quelques filles en même temps sans vraiment tomber amoureux de l'une. Enfin il dit avec le sourire qu'il espèrait toujours la fille idéale. Elle sourit aussi. Mais ils savent que c'est une phrase nulle, "de circonstance" comme on dit.

Là ils se rendent aussi compte qu'ils ont fait le tour. Ils ont, c'est sur, des tas de choses à raconter, mais cela n'interessera pas l'autre. Alors doucement ils commencent à être mal à l'aise tout les deux. Elle glisse un "dix ans c'est long..." puis un "tu te souviens c'était ici...", il dit "oui". Ils avaient choisi ce lieu ensemble, alors même si cela ne lui rappelait que des mauvais souvenirs, il ne peut pas s'en vouloir sur ce coup-là. Son café est presque fini. Le sien aussi. Là, ils pensent que c'est n'importe quoi de se revoir comme ça. Ils commencent à regretter.

Elle retente quelquechose. Elle a revu un de ses amis à lui, il y a à peu près 5 ans. "Ah bon ? Il m'en avait pas parlé..." Elle est encore plus gênée. Ils discutent un peu de cette ami. Mais arrivé à la fin de la discussion, il prononce des mots dont il a tout de suite honte. "Quand on s'est séparé, je savais que tu lui parlais beaucoup, je crois que je lui ai demandé une fois, comment t'allais, il m'avait dit que tout allait bien etc. mais je voulais lui demander surtout que toi tu m'appelles." C'est vrai, tous les jours ou presque, il attendait un appel. Pendant près d'un an, alors même qu'il était avec d'autres filles. Il ne coupait jamais son portable. Officiellement, pour un appel urgent du bureau, mais il avait au fond de son coeur cette pensée pour elle.

"T'aurais pu le faire toi-même." Oui, c'est vrai, mais il ne savait pas ce qu'elle pensait à l'époque. La tension se fait sentir même sur la table à côté. "J'osais pas." "Arrêtons-là." Tout recommençait comme avant. Cette maturité qui avait mis 10 ans à venir s'effondre devant elle. "C'est nul ce qu'on fait là, c'était y a dix ans qu'on aurait du, se rappeler, aujourd'hui c'est ridicule" lâche-t-il, plus par orgueil, que par tentative de couper la conversation. "Le malaise est toujours là entre nous, c'est nul, t'as raison". Les cafés se terminent d'un seul coup. Il s'évitent du regard. Lui se rend compte qu'il n'aurait jamais du la revoir. Elle vit encore dans son monde où elle obtient ce qu'elle veut de qui elle veut. Lui dans ce reste de frustration d'une histoire qui n'a jamais eu lieu.

Ils se quittent, elle lui dit "Je t'appelle". Comme il y a 10 ans. Sauf que cette fois-ci, il sait qu'elle ne le fera pas, il n'aura pas ce petit espoir, qu'elle fasse le premier pas. Après même les rejets et les refus qu'elle lui a fait subir, il a toujours pardonné. Peut être avec un poil de rancune, mais il n'a jamais fermé complétement la porte, contrairement à elle. Alors c'est vrai qu'il y a 10 ans, il attendait ce coup de fil. Mais rien. Alors comment aujourd'hui il pourrait espérer que le téléphone sonne.

Un seul mot lui vient quand il boucle sa ceinture, dans la voiture. "Tanpis"

25/02/06
13:09

Juste comme ça II

Ouverture de la parenthèse...

message1

© Eternal Sunshine of the Spotless Mind & Steeve Kilhoffer :p

J.. s'écrit avec un point majuscule à la fin...


... Fermeture de la parenthèse.

24/02/06
23:12

Un paradis pour 2... ou 3 milliards de rêveurs - Chapitre 4

Il manque encore deux trois choses à mon paradis. La plus grosse est la période nocturne au paradis. Mais je la garde pour la fin, vu qu'au paradis, on garde toujours le meilleurs pour la fin. La glace à la vanille après celle au chocolat, les poupées russes après l'auberge espagnole, les Abbesses après Pigalle.

 

Mais auparavant mon égo de mec viril qui a joué à la playstation 2 toute la journée (et pas à barbie poney 3, je vous assure) me fait la gueule. Aidons le à se sentir aussi à son aise dans mon paradis. Je suppose qu'un petit match de foot tribune présidentielle à Gerland (le stade de l'olympique lyonnais) ou au Nou Camp (stade de Barcelone) ne serait pas de refus. Alors hop ! on construit les répliques exactes de ces deux stades. Plop ! Gerland à droite ! Plop ! Nou Camp à gauche ! et puis on appelle tous les joueurs que j'aime bien, pour un foot entre potes. Ici toutes les tribunes sont présidentielles mais pas de champagne, du vin parce qu'on est pas des tapettes. Par contre chacun amène son propre banc. On pourra louer un système de chauffage de banc au cas où. Il y aura des buts à chaque match ! Plus jamais de 0-0 ! Peut être des 24 - 18 pourquoi pas ?

 

Donc voici le rêve classique du footeux de base à part les bancs tout reste "normal". Alors mettons du nouveau ! Déjà pourquoi réserver les belles pelouses aux joueurs ? On pourrait laisser les gens se balader dessus, même pendant le match. C'est sûr ce serait un peu plus difficile mais bon on s'y ferait. Ca mettrait du piment. Il y aurait des rêveurs couchés dans l'herbe, à regarder le ciel et les pigeons. On aurait aussi des nenfants qui ne courreraient pas mais qui marcherait vite. Car il faut faire attention qu'ils ne tombent pas. Enfin il y aura Albert le perroquet, qui viendrait picorer un peu la pelouse. De temps il passerait l'aspirateur pour enlever les mauvaises herbes. Pas besoin d'arroser, l'herbe se nourrit de nuage, et ça tout le monde le sait. Et ce serait dans cette fantasque enceinte que les passionnés et même les autres se réuniraient pour crier virilement sur des joueurs qui ne sauraient pas les rêgles. On éduquerait les joueurs pour qu'ils n'apprennent jamais les règles du foot, alors aucun match ne se ressemblerait. On le indiquerait juste avec des flèches le chemin des buts.

 

Pour poursuivre avec un peu de machisme, j'aimerais bien qu'on invente des voitures volantes, avec des carosseries de Porsche Carrera GT, ou de Ferrari Enzo. Mais aussi des 205 junior rouche qui voleraient ainsi que des audi A3. Bref le pied ! C'est marrant mais on croirait que je prends ça en dérision, mais c'est vrai que je trouverais ça fun. Franchement que des belles bagnoles et pas chères en plus. A peine un ou deux bancs. Ce qui changerait. Mais là je me pose la question si ce n'est pas le prix qui nous font rêver sur les voitures. Parce que la Ferrari Testarossa... euh... la Ferrari Testarossa (comme j'ai des problèmes avec les couleurs de liens des fois, faut cliquer sur les 2 testarossa), même si elle est pas "moche", elle est pas transcendante. C'est surtout le prix et peut-être la vitesse qui font cet effet-là. Ah !  Oui! Plus d'accident au paradis ! On peut rouler vite en toute sécurité. Comme ça, plus de "Mathieu arrête, tu roules un peu vite, tu me fais peur..." etc. Même en ville il peut y avoir des rally, de nuit comme de jour, on ne risque rien, c'est le paradis.

 

Enfin de temps en temps, c'est-à-dire tous les jours, des orgies énormes sont organisées. Oui car comme on le sait tous, l'enfer n'existe pas. Cela nous fait encore rire quand des terriens nous parlent de l'enfer, cette rumeur a quand même fait le tour de la planète. L'idée qu'il y aurait un endroit aussi ténébreux est quand même énorme. C'est sûr à un moment donné, le conseil paradisiaque a voulu en créer un pour voir mais finalement ça a été abandonné, par manque de moyen. Alors on a repris l'idée pour faire peur aux gens qui nous rendent visite. Et de là est parti cette folle idée folle (si si ! deux fois "folle") qu'il existerait un endroit de débauche exacerbée, etc etc... LOL ! Rien que d'y penser cela me sourire.

 

Enfin bref, il faut savoir que les orgies il y en a au paradis et pas des petites. Avec Alcool, Cigare et Nymphette ! (oui nymphette c'est le mot du paradis pour dire pute... J'ai dit pute, moi ?! Non vous plaisantez, c'est pas mon genre). C'est dans ces énormes "réunion" où l'entré est d'une demi banc, quand même et qui dure au moins 10 minutes... (nan là je plaisante, c'était pour faire un effet de style, mais je sais pas combien de temps ça dure) De la musique très forte, des flash, uniquement des fous... De plus, c'est une des rares fois où il fait sombre au paradis. Je veux dire une obscurité malsaine, qui vous oblige à boire pour oublier le noir et vous vous libérez alors. Vous finissez par faire parti de cette obscurité. Vous devenez l'un des fous de ce paradis noir, juste pour un soir. Vous savez que cela ne durera pas alors vous vous sentez bien avec ce qui est rare dans cet havre de paix. Quel délice de devenir cruel par moment aussi. Vous riez de choses inutiles avec ces fous, ces nymphes, ces rêveurs, ces danceurs, ces corps en mouvement partout. C'est flou dans votre tête, vous hésitez avant de dire quelque chose, puis vous vous rendez compte qe vous l'avez quand même dit. Quelque chose de méchant ou de gentil peu importe, les autres s'amusent de vos paroles et des leurs. Attention ce soir, paradis rime avec diablerie...


00:18

Un paradis pour 2... ou 3 milliards de rêveurs - Chapitre 3

Il y a des stars au paradis. Mais qui justement ne font pas leurs stars. Elles sont souriantes quand on les aborde car elles savent que l'on parle normalement avec elles. De toute façon, personne ne les prend réellement pour des stars, on sait justement ce qu'elle valent, et que de toute façon si elles sont là dans mon paradis, c'est qu'elles sont biens, d'abord ! Certaines ne sont là que de passage car elles ont encore une vie terrestre, d'autres ont déjà leur banc. Renaud par exemple nous rend parfois visite. Juste pour qu'on prenne des nouvelles, il amène sa gamine de temps en temps, et nous rigolons un peu ensemble. Il chante une chanson de Rodolphe puis s'en va. Quand c'est lui qui chante, on n'a plus l'impression que c'est Rodolphe qui a écrit ça. C'est vraiment différent sauf que c'est pareil. Enfin vous voyez quoi ! On l'a dit Hugh Grant passe de temps en temps. Il danse souvent, mal peut-être mais il danse. C'est d'ailleurs lui qui a appris à danser à tout le monde. Cela fait de l'animation dans les rues car des fous dansent 15h/15. Sur leur petit pilier grec de pierre, ils bougent sur la musique qui passent en stéréo et parfois même à gauche et à droite. Alors on s'assoit et on attend, on interrompt jamais quelqu'un qui danse.

Des gens qui passent et que je me souviens, il y a encore Christophe Alévêque, juste parce que je l'ai rencontré une fois et parce qu'il a toujours le bon mot et le mot juste. Sauf lorsqu'il discute politique avec Laurent Baffie. Là ils sont un peu énervants car d'habitude on ne discute pas au paradis, même de politique, on parle. Vous avez déjà remarqué la frontière invisible entre "discuter" et "parler" ? Au paradis nous la mettons en pratique, d'ailleurs toutes ces petites frontières nous les mettons en pratique. Et comme on aime beaucoup les scandales d'un jour ou de dix ans, les scandales de gosses de dix ans je veux dire... On entend souvent "- Mon Dieu, tu as entendu ils ont discuté ! - Aaah quelle horreur ! Mais pourquoi n'ont-ils pas parler avant d'en arriver là ?! - Je ne sais pas mais je sens que ça va mal se finir si ces deux-là se mettent à discuter, il pourrait presque arriver à se taire si ça continue !" Et oui le paradisien est très friand de potins baveux qui seront oubliés je vous le rappelle dès le lendemain au mariage de Gus et Marie-Clothilde.

 

Parmi les stars qui restent, il y a bien sûr Boris Vian sans lunette de soleil, ou encore Bernard Blier, vous savez l'auteur des dialogues dans les Tontons Flingueurs. Mais on peut aussi voir dans un coin Serge Gainsbourg qui est juste venu dire qu'il s'en va mais rien d'autres parce que tout le monde lui dit "Ta gueule et chante !". Et puis y a Jean-Pierre Jeunet qui reste sur son banc... Quoi ? Il est pas mort ? Vous avez pas compris, il vient du paradis des rêveurs, il est pas de la terre, comme beaucoup de monde. Il imagine une histoire chez nous et après il vous la fait partager, c'est comme ça que ça marche !

 

Par contre, oui Cédric, lui il ne fait que passer, mais il est toujours le bienvenu ! Cédric qui ? Klapisch bien sûr.  Pour les incultes vous avez qu'à chercher qui c'est ! En tout cas, il ne parle pas beaucoup, il raconte surtout. au paradis, nous avons des raconteurs de rue, pour un quart de banc ou un peu moins de plus, on peut avoir 5 histoires. On dit parfois que c'est cher, moi je m'en fiche, c'est l'histoire qui compte. Vous vous arrêtez vers un raconteur, vous choisissez le type d'histoire que vous désirez, triste, joyeuse, nostalgique, énorme, longue, courte, magique, mais vous avez aussi la possibilité de prendre tout ça à la fois en choisissant une histoire d'amour. Mais il y a aussi autre chose que les histoires d'amour, moi ma préférée c'est celle du poisson vert qui voulait devenir jaune ou rouge, je ne sais plus car je l'ai entendu tellement de fois. Et vous repartez avec votre histoire, heureux comme un poisson vert. Mais il est interdit de raconter cette histoire, cela fait du tort au petit commerce.

 

Pour les stars, il y en tellement que je ne me rappelle plus trop de qui vient ou ne vient pas. Mais dans l'ensemble il n'y a que des gens biens. Il y aussi les stars du paradis. Il y a Manu, le charcutier bouddhiste. Alex, le dragueur de supermarché. Hector, le pinguin superhéro. Lucius, le clown qui ne vit pas dans un cirque et qui ne fait pas non plus clown. Enfin il y a Pierrot qui fait gardien de zoo. Et puis tant d'autre qu'il faudrait que je vous présente mais qui n'ont pas de nom, alors c'est difficile pour les présentations. Moi je suis rêveur, je suis un peu tout ceux-là en fait. En fait ça veut dire que je ne sais pas qui je suis... en fait...

22/02/06
22:01

Un paradis pour 2... ou 3 milliards de rêveurs - Chapitre 2

Bien sûr nous ne pouvons pas uniquement parler. D'accord sur une journée de 24 h nous nous reposons environ 46 heures 13 minutes. Mais comment acheter un banc, si nous ne travaillions pas un peu. Comme partout l'emploi est un problème. Aujourd'hui au paradis, plus aucun emplois n'est pas qualifié. et il faut des études assez longues ici, faut pas croire que tout est facile non plus. Au bout d'une bonne demi-journée, on peut obtenir notre diplôme. Moi je me souviens j'ai choisi rêveur. C'est d'ailleurs ce qu'il y a de plus développé comme profession au paradis. Mais on peut faire plein de chose au paradis, et cela on peut le remarquer uniquement en ce déplaçant dans les rues de nuages. Il y a des gens qui déclame de la poésie, à l'air libre. Quelle genre de poésie ? Bin du Boris Vian, du Rimbaud et même du K-maro des fois... On peut aussi voir des gens qui courent, peu importe où, ils courent. Et quand on leur demande pourquoi, ils sont surpris de savoir qu'il courent. Alors ils paniquent, et s'enfuient. Alors on laisse la rumeur qu'il courent après les étoiles, le vent et les papillons, juste pour faire joli, on est au paradis tout de même ! Mais tout le monde sait très bien qu'ils sont fous. D'ailleurs il n'y a que des fous qui travaillent beaucoup ici.

 

Cela fait sourire à les voir. Il y a ceux qui parlent uniquement en alexandrin mais qui ne connaissent pas un mot de slaves. Il y a ceux qui ne savent pas regarder par terre ou en face d'eux, il se baladent, la tête en l'air, à scruter le ciel. Cela ne les gêne pas, cela ne gêne personne. Car on ne sait jamais, des fois qu'un nuage passe avec une tête de lapin ou un ours en peluche et qu'ils le loupent, peut-être ils mourraient, on sait pas, aucun tête en l'air n'a loupé de nuage en forme d'animal, peut-être aussi qu'il n'y en a jamais eu, des nuages comme ceux-là. Mais d'une manière générale, le jeu en vaut la chandelle, je crois. Des fous il y en a des millions, presque autant que des rêveurs. Il y a aussi les rieurs contagieux, mieux vaut ne pas les croiser ceux-là, sinon vous attraper un rire pour plusieurs jours. C'est contagieux en plus ! Et ça part rarement avec du doliprane.

 

La grande mode en ce moment est de se marier. Tous les jours, il y a 5 ou 6 mariages. Tout le monde se marient et se remarient. C'est très amusant. Il y a cette excitation qui nous occupe tous. Chacun amène son banc personnel et se mettent en rond pour chanter des chansons de Rodolphe Bredois. Personne ne connaît vraiment de chanson de Rodolphe, personne ne connaît vraiment Rodolphe non plus, mais on fait semblant de savoir qui c'est, juste pour être fashion. Alors les marriés rient très fort, et pleurent un peu mais pas trop. Le cadeau de mariage le plus récurrent est un banc privé rouillé mais un peu repeint quand même pour l'occasion. Souvent on invite Hugh Grant pour que la tradition des mariage soit respectée. Un bon mariage doit se faire avec un Hugh Grant de location. Mais certains marriés commencent à demander le retrait de cette tradition devant le conseil paradisiaque. Car plusieurs fois la marriée est repartie avec Hugh Grant. Dans ces cas-là, on chante à nouveau une chanson de Rodolphe et l'on console le marrié. De toute façon tout le monde s'en fout car le lendemain il y aura un nouveau mariage et tout cela sera oublié.

 

On oublie souvent les choses d'un jour à l'autre. Durant la nuit des tas de choses se passent, et comme la population du paradis est divisée en fous et en rêveurs, il est aisé de comprendre que l'on oublie facilement les choses. Mais on oublie uniquement les choses mauvaises ne vous inquiètez pas. Les belles choses restent toujours en nos têtes et en nos coeurs et aussi dans nos chaussettes, là au paradis...

 

...




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